Brian A. Nichols appelle les acteurs haïtiens à un accord en toute urgence 

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Le secrétaire d’Etat adjoint pour l’hémisphère occidental au département d’Etat, Brian A. Nichols, après des rencontres séparées ce mercredi 12 octobre avec le Premier ministre Ariel Henry, les représentants du BSA, Magali Comeau Denis, Jacques Ted Saint-Dic d’une part et d’autre par le président élu de l’accord de Montana, Fritz Alphonse Jean a déclaré que « les parties prenantes doivent développer de toute urgence un consensus sur un accord menant à l’amélioration de la sécurité, des élections et de la prospérité pour tous les Haïtiens », selon un tweet traduit en français par l’ambassade des USA.

« Le temps est venu pour les dirigeants politiques d’Haïti de mettre de côté leurs différences pour trouver une voie vers une paix durable », a indiqué un autre tweet de Nichols. « Les États-Unis restent un partenaire indéfectible du peuple haïtien et continueront à soutenir Haïti en cette période critique », soutient Nichols. « J’ai rencontré les dirigeants du gouvernement haïtien, dont Dr Ariel Henry, pour réaffirmer notre engagement pour aider à lutter contre l’épidémie de choléra et l’insécurité qui entravent cette réponse », selon ce tweet.

« Rencontre avec le Montana Group pour discuter du besoin urgent de faire face à l’épidémie de choléra et au blocage du carburant qui entravent la réponse humanitaire », peut-on lire aussi dans ces tweets qui servent de légende à des photos du diplomates américains avec ces personnalités Haïtiennes. Le Premier ministre de l’accord de Montana, Steven Benoit, n’a pas pu se rendre à la rencontre à cause du blocage de la route de Laboule par le gang de Ti Makak. Fritz Alphonse Jean a été reçu seul par M. Nichol’s, a confié une source à Le Nouvelliste. « Cet après-midi, j’ai rencontré M. Brian Nichols, secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis. Les discussions ont porté sur la nécessité d’un consensus national pour la formation d’un gouvernement de transition pouvant conduire à des élections crédibles. M. Nichols et le chargé d’affaires Stromayer ont exprimé la préoccupation des Etats-Unis sur l’évolution des cas de choléra en Haïti qui risque de déboucher sur une crise humanitaire. La vigilance doit être donc de mise », a tweeté Jean qui n’a pas encore répondu aux questions du journal, entre-autres, sur la tenue ou non de discussions politiques directes avec le PM Henry après la mission de Brian A. Nichols.

Magali Comeau Denis, membre du BSA, a indiqué que l’organisation de discussions avec Ariel Henry n’a pas été discutée avec M. Nichols à cette rencontre « empreinte de respect ». Mme Denis a souligné que le BSA est disposé à rencontrer n’importe quel acteur sur la crise et que les précédentes rencontres avec M Henry n’étaient pas du fait de Brian A Nichols. Sur la perception que les efforts des USA seraient un appui au Premier Ariel Henry, Magali Comeau Denis a évoqué une précision apportée par M. Brian A. Nichols. « Il a précisé que tous les efforts qu’ils sont en train d’entreprendre ne doivent pas être compris comme un soutien inconditionnel à Ariel Henry », a confié à Le Nouvelliste, Magali Comeau Denis qui a fait le point pour le journal sur les temps forts de la rencontre avec l’officiel Américain.

Annulation de 12 visas et procédure de gel de fonds

« Brian Nichols a tenu à informer des mesures que les Etats-Unis d’Amérique ont prise pour nous accompagner et faire face aux problèmes d’insécurité. Il nous informé qu’il y a une douzaine de personnes qui sont liées aux problèmes de blocage du port, qui ont des relations avec les gangs dont les visas ont été retirés. Il nous annoncé que d’autres annulations de visas vont suivre. Je ne lui ai pas de demander les noms des personnes dont les visas ont été annulés. Il a dit que d’autres annulations vont venir ainsi que d’autres actions comme le gel de fonds »,  a indiqué Magali Comeau Denis.

Blindés, armes et munitions pour la PNH

« Il a également annoncé que du matériel blindé capable de résister à des armes de gros calibre va arriver et sera livré prochainement à la police. Avec des armes et des munitions », a dit la représentante du BSA qui soutient avoir dit un non ferme à Brian A. Nichol’s par rapport au projet d’envoi en Haïti d’une force multinationale.

« Non à l’occupation, une nouvelle blessure »

« Brian Nichols a aussi annoncé que l’ONU travaille sur la force multinationale et a sollicité nos voix de leaders pour faire comprendre à la population l’urgence humanitaire. Nous lui avons clairement dit que cette voix de leader servira à le dissuader d’imposer à Haïti cette nouvelle blessure. Voilà où cette voix qu’il a sollicitée ira. Elle ira dire non à son plan d’invasion militaire d’Haïti. Cette voix le dissuadera de la faire », a dit Magali Comeau Denis à la fin d’une journée mouvementée, marquée par la déclaration du secrétaire d’Etat Antony Blinken et l’arrivé dans la baie de Port-au-Prince d’un navire des gardes cotes américains. 

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, dans une déclaration intitulée « Mesures pour faire face à la situation humanitaire et sécuritaire en Haïti. « Nous nous efforçons également d’accroître et de déployer dans les prochains jours l’assistance en matière de sécurité à la Police nationale haïtienne afin de renforcer sa capacité à lutter contre les gangs et à rétablir un environnement de sécurité stable dans le respect de l’État de droit », peut-on lire dans cette déclaration en anglais. « Nous annonçons également une nouvelle politique de restriction des visas en vertu de la section 212(a)(3)(C) de la loi sur l’immigration et la nationalité à l’encontre des fonctionnaires haïtiens et d’autres individus impliqués dans le fonctionnement des gangs de rue et d’autres organisations criminelles haïtiennes qui ont menacé les moyens de subsistance du peuple haïtien et bloquent l’aide humanitaire vitale. Ces actions peuvent également s’appliquer aux membres de la famille immédiate de ces individus », selon cette déclaration. « En signe supplémentaire de détermination et de soutien au peuple haïtien, les garde-côtes américains ont déployé l’un de leur grand patrouilleur au large de Port-au-Prince, en Haïti, à la demande du gouvernement haïtien et en étroite coordination avec le Département d’État », a déclaré un responsable du Conseil national de sécurité au Miami Herald. Ce déploiement est intervenu quelques jours après une attaque par la mer du port et des installations de l’entreprise Les Moulins d’Haïti par des gangs.