Mikaben en 20 ans de carrière

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Cette année ramène les 20 ans de carrière du chanteur Mikaben. Le fils de Lionel Benjamin vit ce moment dans la joie, la gratitude et surtout le désir de continuer à enrichir son répertoire. « J’ai encore tellement à proposer », dit-il.


Le fruit n’est pas tombé loin de l’arbre. Michaël marche dans les traces de son père qui a célébré ses 50 ans de musique en décembre 2020. Il y a 20 ans, il a choisi tout comme ce dernier la musique et cette passion continue de l’animer aujourd’hui encore. Mika croit qu’il a encore de beaux jours devant lui et tant de titres à sortir de ses tiroirs. « Je vais continuer à écrire des chansons. D’ailleurs ‘’Fè lapli’’ est la preuve que je peux toujours offrir du bon travail au public. En peu de jours, ce morceau s’est imposé un peu partout. Cette année, je célèbre mes 20 ans de carrière et mes 40 ans d’existence, je compte sortir beaucoup de projets personnels, mais aussi produire de nouveaux artistes via mon label ‘’Kon’Beat’’ que j’ai mis sur pied depuis 2010 », explique l’artiste.

Du temps où il a fait ses premiers pas dans son domaine de cœur, l’interprète de « Up Side Down » s’en souvient comme si c’était hier. Avec un papa musicien, le 4e art est directement venu à lui. « Enfant, je n’ai pas eu à penser à faire de la musique. Celle-ci m’a rejoint automatiquement, grâce à mon père, qui m’a beaucoup influencé. De fait, des trois enfants de la famille, j’étais le plus curieux quand il s’agissait de musique, sans toutefois penser à une carrière. Jusqu’à mes 16 ans, où j’ai composé ‘’Forever mine’’, qui figure sur mon premier album. Encouragé par ma famille, qui était très étonnée à l’époque, s’en sont suivies ‘’Ou pati’’ et ‘’Nwèl tristès’’. C’est à partir de ce moment, que j’ai finalement saisi que j’avais bien le talent et que je devais continuer à l’explorer. C’est à partir de cet instant que j’ai commencé à me projeter vers l’avenir. Je me voyais déjà dans 10 ou 20 ans dans la peau d’une superstar », raconte le benjamin des Benjamin, sans feindre la modestie.

Dès lors, Mikaben s’est lancé à fond dans le monde musical. A date, cette aventure a accouché de quatre albums solo : « Vwayaj », « Mika », « Atis lokal p ap janm lague » et « MKBN » ; et d’un opus : « Ayiti san manti » avec son ancienne formation musicale ‘’Krezi Mizik’’. Sans compter des œuvres travaillées en background pour d’autres artistes, des featurings et des singles à la pelle. « Je pense avoir déjà composé plus d’une cent cinquantaine de morceaux. En 20 ans, j’ai pu faire de grandes réalisations. C’est un bilan très positif. J’ai accumulé un nombre important de fans. Des vies ont été changées grâce à ma musique. J’ai indirectement montré la voie à d’autres jeunes qui ont souhaité débuter une carrière solo. Je suis l’unique artiste haïtien à évoluer dans le top niveau et dans tous les registres », indique le musicien ayant collaborer avec Phyllisia Ross sur « Konsa » et « Only for you ». Le finaliste de « Konkou chante nwèl » est aussi derrière des morceaux tel que « On s’prend pas la tête » d’Olivier Martelly, entre autres. Tout comme, il a mis sa touche sur le premier album de Kaï ainsi que la majorité des méringues carnavalesques de Carimi.

Des hauts et des bas jalonnent aussi ces 20 ans de musique. Le papa de Leïa se rappelle de chaque moment. Qu’il soit heureux ou malheureux. « Mon expérience avec Haïti Twoubadou m’a marqué énormément. Elle a représenté une grande étape de ma vie et de ma carrière. C’était un honneur pour moi d’évoluer au milieu de tous ces géants de la musique haïtienne. J’étais le plus jeune et ma chanson ‘’Ou pati’’ figurait parmi les plus populaires de l’équipe. Avec Haïti Twoubadou, on a réalisé de grands concerts. On a joué devant 25 000 spectateurs au stade d’Honneur de Dillon en Martinique et des dizaines de milliers à Miami. Ça reste l’une de mes plus grandes expériences », énumère le chanteur-guitariste qui compte également son aventure avec Krezi Mizik et Carimi parmi les meilleures de ces deux décennies.

« Avec Krezi, j’étais aux commandes puisque c’est David et moi qui avions formé le groupe. J’ai écrit et produit la majorité des chansons. J’avais une plateforme où je pouvais partager de l’énergie avec mon public et m’imposer en tant que chanteur. J’ai connu trois belles années avec ce groupe au sein duquel, j’ai beaucoup appris. Par ailleurs, j’ai aussi renforcé les rangs de Carimi avec qui je me suis produit dans de grandes salles comme Zenith et Olympia », poursuit-il, avant de conter la plus grande déception de sa vie de musicien. « Warner France m’avait approché pour un contrat relatif à ‘’Ti pa m nan’’. Au début, j’étais hyper content et excité. Je m’envisageais déjà avec une couverture internationale. Deux mois après avoir signé, j’ai compris que j’ai été dupé. C’était un moment vraiment difficile », avoue-t-il, tout en précisant n’exprimer aucun regret. Il voit en cet échec une étape et un apprentissage de plus sur son parcours.

Un top 5 ? Mika penche pour « Si m te gen zèl », « Ayiti se » ; « Ou pati » ; « Fanm sa move » et son tout dernier né en collaboration avec Kenny Haïti, « Fè lapli ». Ce featuring avec la voix de « Demantibile m », il dit l’inscrire dans son projet de soutenir tous les artistes talentueux de la musique haïtienne. Un objectif sur lequel il compte absolument mettre l’accent à l’occasion de la célébration de ces 20 années de vie d’artiste, via son label « Kon’Beat ». « Nous allons présenter de jeunes artistes bourrés de potentiels au public », informe le producteur qui voit dans son label une contribution dans la lutte pour le droit d’auteur en Haïti. « Je veux que les artistes puissent vivre correctement de leurs œuvres et récolter convenablement l’argent généré par celles-ci, une fois que la question du droit d’auteur soit réellement rétablie dans notre société », espère-t-il, du haut de son nouveau cheval de bataille.