Des partis de l’opposition réclament un dialogue incluant le départ de Jovenel Moïse

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Des structures politiques de l’opposition ont signé et publié, le 26 avril 2021, une déclaration conjointe pour proposer un dialogue afin de trouver un accord politique autour de la crise dans laquelle le pays s’enlise de plus en plus.

En Avant, Entente Nationale pour une Transition de Rupture, Forces Nationales pour la Démocratie (FND), Mouvement pour la Transformation et la Valorisation d’Haïti (MTVAyiti), Operasyon Tèt Ansanm estiment qu’il est encore possible de trouver un accord politique inclusif entre les protagonistes de la crise. Cet accord, selon les signataires, devrait inclure nécessairement le départ ordonné de Jovenel Moïse dont le mandat a pris fin le 7 février 2021 (selon les articles 134-2 ,134-3 de la Constitution et l’article 239 du décret électoral du 2 mars 2015), la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et l’organisation d’élections honnêtes, transparentes et crédibles dans un délai techniquement possible et un climat de sécurité rétabli.

Les partis et regroupements politiques signataires du document, dont En Avant, Entente Nationale pour une Transition de Rupture (ENTENTE), Forces Nationales pour la Démocratie (FND), Mouvement pour la Transformation et la Valorisation d’Haïti (MTVAyiti), Operasyon Tèt Ansanm, déclarent avoir pris note, premièrement, de « la résolution 1168 du Conseil permanent de l’OEA, constatant avec justesse les violations de la Constitution, la non-tenue des élections régulières pour renouveler démocratiquement le personnel politique, la gouvernance abusive par décrets, les violations systématiques des droits humains et la dégradation accélérée de l’environnement sécuritaire qui a plongé la société haïtienne dans l’angoisse et la peur. Par ladite résolution, le Conseil Permanent de l’OEA a proposé ses bons offices en vue de normaliser la démocratie institutionnelle (Article 20 de la Charte démocratique interaméricaine). Cependant, il est important de noter que le Secrétaire général de l’OEA n’a jamais donné suite aux instructions du conseil permanent puisqu’à date, l’opposition haïtienne n’a été ni informée ni contactée par cette organisation hémisphérique pour confirmer qu’elle serait prête à participer à un effort de médiation pour dénouer la crise ».

Deuxièmement, de « la déclaration de la Présidente du Conseil de sécurité des Nations-Unies le 24 mars 2021 relatant, entre autres, la préoccupation dudit conseil sur les crises prolongées que traversent Haïti, notamment sur les plans politique et constitutionnel. Tout en invitant les autorités en place à prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité qui règne en Haïti, les communiqués successifs du BINUH réitèrent aussi la nécessité que toute sortie de crise viable tienne compte d’un consensus large entre les forces nationales ».

Troisièmement, de « la déclaration du Haut représentant de l’Union Européenne Josep Borrell, qui estime qu’en période de vide institutionnel, le processus de changement de Constitution par voie référendaire devrait être inclusif et faire l’objet de débats approfondis avec l’opposition et la société civile ».

Quatrièmement, de « la déclaration de la Secrétaire Générale de la Francophonie, Madame Louise Mushikiwabo, suite à l’envoi d’une mission en Haïti et qui, devant le constat de la dégradation de la situation sécuritaire et l’ampleur de la crise politique, a offert ses bons offices à la recherche d’une solution pacifique ».

Enfin, de « la position du Core Group exprimant sa préoccupation devant le fait que le processus de changement de la Constitution « n’est pas à ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent » et qu’une « telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation qui implique l’ensemble des forces vives de la nation ».

Ces prises de positions et déclarations témoignent, selon l’analyse des signataires, que la communauté internationale est parfaitement consciente des gravissimes dangers qui planent sur Haïti dont la démocratie est mise à mal notamment par l’entêtement de M. Moïse à organiser un referendum inconstitutionnel, illégitime et impopulaire qui risque de plonger le pays vers encore plus de chaos et d’instabilité. Des positions rejoignent celles exprimées depuis plusieurs mois par tous les secteurs vitaux de la vie nationale qui estiment que la population est à bout de souffle.

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