La menace du gang « Viv Ansanm » paralyse les activités

La commune de Delmas s’est réveillée ce lundi 17 novembre figée par la peur. Activités économiques suspendues, écoles fermées, circulation au ralenti : la vie quotidienne est pratiquement mise en pause après les menaces proférées par la coalition de gangs « Viv Ansanm », qui avait annoncé des troubles à partir de ce 17 novembre dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
Delmas, 17 novembre 2025. La plupart des établissements scolaires n’ont pas ouvert leurs portes. De nombreuses entreprises y compris des supermarchés ont choisi de ne pas fonctionner, tandis que de petits commerçants, d’ordinaire très résilients, ont réduit leurs activités au strict minimum.
« Malgré tout, on est obligé de prendre les rues pour pouvoir subvenir à nos besoins. On suit la situation », confie une jeune commerçante à Delmas 32, n’exposant qu’une partie de ses marchandises. Elle dit rester en alerte, au cas où les chefs de gangs mettent leurs menaces à exécution.
Circulation hésitante et atmosphère de méfiance
Dans les rues, quelques camionnettes de transport en commun et taxis-motos circulent timidement, mais les passagers se font rares. La méfiance domine.
Wilguens, chauffeur de taxi assurant le trajet Delmas 75- Portail de Léogâne, reste vigilant.
« On doit être prudent pour éviter d’être victime. Les bandits font toujours ce qu’ils disent », affirme-t-il, visiblement inquiet.
Plus loin, plusieurs chauffeurs, véhicules garés, critiquent ouvertement l’inaction des autorités, qu’ils estiment responsables de la montée en puissance des groupes armés.
« Ce sont nos dirigeants qui ont créé ce chaos. Maintenant un gang bloque tout un pays avec une simple déclaration, sans réaction des autorités. C’est absurde déclare l’un d’eux visiblement en colère
La paralysie observée trouve directement son origine dans les menaces publiques de « Viv Ansanm », qui annonçait des troubles dans plusieurs communes de la capitale.
Cependant le haut commandement de la Police Nationale d’Haiti (PNH) annonce la mobilisation de ses troupes en vue de faire échec au plan macable des bandits.
» La police n’attendra plus les bandits pour agir. Désormais c’est la Police qui passe à l’offeneive. » A déclaré fermememt le chef de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison.
Entre Delmas et ses zones voisines, la crainte d’une flambée de violence est palpable. L’absence de réaction visible de l’État intensifie le sentiment d’abandon. Les résidents tentent tant bien que mal de s’organiser pour protéger leurs familles.
« On est là. On prend les mesures nécessaires pour protéger nos familles », explique un père de famille résidant à Delmas 65 et observant la rue d’un air inquiet.

















